Un échec pressenti sur le projet de loi santé

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Dans un article en fin de 2014, on a pu constater que la loi de santé devrait être étudiée afin de remédier à 20 ans d’erreurs et d’errances politiques concernant la politique de santé. À en voir la situation, on pourrait croire à une opération de sauvetage du soldat Touraine, en se conformant au fait que la dernière version du texte à une semaine de son examen au Parlement après trois mois n’est pas encore connue. En tout cas, imaginer un échec est bénéfique pour l’avenir de notre système de santé.

La ministre et son complexe

Des critiques ont été apportées à la méthode de la ministre concernant son projet de loi. Les démarches qu’elle a effectuées, c’est-à-dire présenter un projet de loi en Conseil des ministres après en Conseil d’État avant d’engager un semblant de négociations, sous la pression des parties prenantes, confirment sa faible aptitude au dialogue. Arrogante, complexée et incompréhensive sont des éléments qui vont à l’encontre d’une négociation sur le changement du système de santé. De ce fait, des contestations massives contre cette loi ont été vues et entendues dans toute la France.

Son départ de l’avenue de Ségur était peut être dû à la manifestation du 15 mars 2015. Il est vrai que c’est de sa faute si cette loi était vouée à l’échec, mais le problème ne se résolvera pas aussi avec son départ.

Libertés individuelles : remise en cause

Ce texte affirme la continuité dans l’erreur de la haute fonction publique et de la classe politique, du fait de remettre à l’État la gestion du système pour l’emmener vers un modèle de service public national à l’anglaise, qui vise surtout à prioriser les résultats accomplis, avant la liberté d’accomplir. Ce modèle met en conflit les exigences de la liberté individuelle, comme ce qui se passe en ce moment en France. Il a pour but de tirer profit de l’utilité, tout en minimalisant la liberté des individus. Ce projet de loi causera d’immenses différences entre assurés et professionnels de santé.

Tous les ministres qui se sont succédés n’ont jamais assumé ce choix et plaident à des projets de loi qui ne sont pas conformes aux discours qui rassurent les acteurs existants. Cela se confirme par le tiers payant généralisé adopté dans les réseaux de soins conventionnés par les organismes d’assurance. De ce fait, la mutualité française soutient cette mesure, qui va créer une expansion des réseaux aux médecins. Aussi, si le pouvoir des agences régionales de santé est accentué, alors l’indépendance professionnelle des médecins libéraux sera réduite. Le groupe UDI a remis une proposition de loi avec un numerus clausus pour l’établissement des médecins généralistes. L’État français veut donc imposer un système public national de santé, comme celui des Anglais, mais les professionnels de santé s’y opposent, vu que le sujet n’est pas un thème de débats politiques, ni de campagnes présidentielles.

Une compilation technocratique sur un projet de loi

Ce projet de loi a été compilé avec des éléments du système de santé. L’étude a été mené dans le but de ne pas correspondre les composantes du système de santé, comme les professionnels de santé, l’assurance maladie, et les établissements de soins. Comme l’a évoqué Montesquieu, les lois sont les rapports qui naissent de la nature des choses, tout en sachant qu’une loi n’est pas un texte qui devient loi juste parce que le législateur le veut, mais par la relation qu’elle soigne avec la nature des choses. Cependant, le projet de loi de santé se met à l’opposée de la nature des choses du système de santé, et c’est la démocratie qui va le faire échouer.

En outre, le tournant étatiste de notre système de santé s’oppose véritablement à la démocratie. Cela peut se voir avec les efforts de la ministre pour ne pas participer à un débat public.

Cette loi échoue déjà dans son élan même, et peut-être que les Français sont bien avancés pour une transformation en ce qui concerne la santé, mais est-ce que nous avançons dans la bonne marche ? Si le gouvernement s’impose sur une loi pareille, alors nous pourrions conclure que le despotisme a remplacé la démocratie.

 

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